Le sacre de Marion Bartoli lors de Wimbledon 2013
- Louis Bednareck
- 12 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 mai
Née en 1984 et professionnel à partir de 2000, Marion Bartoli, a toujours été une joueuse atypique : coups à deux mains, même coté coups droits, papa médecin devenu son entraineur, Grand-Chelems remporté sans affronter la moindre top 15 et retraite dans la foulée, Marion Bartoli nous a habitué à la surprise.
Pourtant, avant ce Wimbledon 2013, une lueur d’espoir naissait déjà dans les rangs de la Française.
En effet, unique jusqu’au bout, l’édition féminine de ce Wimbledon fut la première durant laquelle deux des trois premières têtes de séries n’ont pas atteint le 3è tour. Tableau ouvert donc, mais attention, il n’est jamais facile d’aller au bout d’un Grand-Chelem de 2 semaines, preuves de l’exploit de la Française.
Cet exploit, il a sûrement commencé 6 ans plus tôt, lorsque la joueuse originaire du Puy-en-Velay s’est inclinée en final du même tournoi qui la verra triompher 6 ans plus tard, lors de Wimbledon 2007.
Lors de cette année 2007, Bartoli retrouve des couleurs sur gazon, où elle atteint la demi-finale de ses deux tournois de préparation au Grands-Chelem londoniens, à Eastbourne et Birmingham. En confiance, elle arrive à Wimbledon dans la peau d’une tête de série, la 18è précisément. La française va tenir son rang tout au long du tournoi, et même le dépasser, puisque pour se hisser en finale, Bartoli a éliminé la meilleure joueuse du moment, la n°1 mondiale, en la personne de Justine Henin, qu’elle écartera au stade des demi-finales. En finale, elle affrontera une joueuse moins bien classée qu’elle mais déjà bien affirmé, une certaine Vénus Williams. Eprouvée après deux intenses semaines de combat, Marion Bartoli cède en deux sets pour sa 1è finale de Grand-Chelem, 6/1 6/2. Sur le moment, personne ne s’en doutait encore, mais cette lourde défaite aux yeux du monde entier, lui servira six ans plus tard, pour le même genre de rendez-vous…
Six ans plus tard, nous y voilà. Entre ces 6 années, la Française n’a toujours pas remporté de Grand-Chelems, malgré une ½ finale en 2011 à Roland-Garros, devant son public. La pression, surement trop forte en 2011, elle a appris à la surmonter, afin de réaliser son rêve lors de l’édition de Wimbledon 2013. Durant celle-ci, dix-sept des trente-deux têtes de série sont éliminées aux premier et second tour, soit plus de la moitié. C’est inattendu, et surtout, ça profite à la tête de série n°15, Marion Bartoli, qui survit à cette hécatombe de favori. Profitant d’un tableau décimé, la Française se hisse en ¼ de finale sans affronter la moindre tête de série, et surtout, sans perdre le moindre de set. En confiance donc, Bartoli ne laisse pas passer sa chance lorsqu’en quart, elle affronte une adversaire moins bien classée qu’elle, la tête de série n°17, une certaine Sloane Stephens, future vainqueure en Grand-Chelem. Face à l’Américaine, Bartoli déroule et l’emporte encore une fois en 2 set, 6/4 7/5.
La voilà donc en ½ finale pour la 3è fois de sa carrière, mais cette fois-ci, dans la peau d’une favori pour accéder à la finale, car face à elle encore, l’oppose une adversaire moins bien classée, la belge Kirsten Flipkens, vainqueure de la n°8 mondiale lors du tour précèdent. Favori mais pas à l’abri d’un exploit, Bartoli assure, et s’offre son ticket pour disputer la 2è finale de sa carrière en Grand-Chelem, après une victoire expéditive en 1h et 2 minutes, 6/1 6/2. Désormais expérimentée dans ce genre de rendez-vous, prête physiquement et sachant gérer la pression, Bartoli rentre sur le Center Court en première, déterminée comme jamais elle ne l’a été. En face d’elle, une novice en matière de finale de Grand-Chelem, l’allemande Sabine Lisicki, tête de série n°23. Bartoli, mieux classé, fait donc figure d’ultime favori, mais attention, car en face d’elle se dresse celle qui a éliminé la meilleure joueuse du monde lors de ce tournoi. En effet, en 1/8è de finale, Lisicki a créé la surprise en éliminant la n°1 mondiale Serena Williams. Malgré ce fait d’arme, la détermination et la supériorité de Marion Bartoli feront d’elle une vainqueure de Grand-Chelem, à la suite d’une finale survolé en 1h et 21min, conclu sur le score de 6/1 6/4. Un rêve vient de se réaliser sur le court central de Wimbledon.
En ce 6 juillet 2013, Marion Bartoli entre dans l’histoire du sport français, en devenant la 3è Française à remporter le mythique tournoi de Wimbledon. Par la même occasion, Bartoli bat le record de persévérance sur le circuit en gagnant son premier titre en Grand Chelem au terme de sa 47e participation. Lors du traditionnel discours prononcé par le vainqueur après le match, Bartoli disait que son sacre à Wimbledon, est « un rêve qu'elle avait depuis l'âge de six ans et qui est devenu réalité », et qu'elle « espère y revenir l'an prochain ». Cependant, 1 mois et 8 jours plus tard, séisme dans le monde du tennis français. En effet, la toute récente vainqueure en Grand-Chelem annonce sa retraite à seulement 28 ans, à la suite d’une défaite au second tour de l'Open de Cincinnati face à Simona Halep. En cause, un corps fragile qui lui fait subir des douleurs après seulement 45min de match. 12 jours après cette annonce fracassante, la voilà de retour près d’un court de tennis, lors de l’US Open, mais cette fois-ci en tant que consultante pour la chaîne française Eurosport.
Ainsi, et ce malgré un retour à la compétition raté en 2018, le 6 juillet 2013 sera à jamais le dernier jour dans la vie d’une championne de tennis pour Marion Bartoli, laissant place à la vie d’une femme combattant l’anorexie, la folie d’un compagnon pervers narcissique, et maintenant, celle d’une mère épanouie au côté de son fidèle compagnon.
Marion Bartoli, c’est l’histoire d’une femme qui a choisi de se battre pour accomplir ses rêves et devenir celle qu’elle voulait, même lorsque les doutes pouvaient l’en empêcher…


Commentaires