La désillusion Française lors de la finale de la Coupe du Monde de rugby 2011
- Louis Bednareck
- 12 avr.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 mai
Pour comprendre cette finale, il faut commencer par recontextualiser l’évènement, en retraçant le parcours rocambolesque des Français. En ce début de mondial, rien ne prédestinait les Bleus du rugby à un parcours jusqu’à la finale. A l’époque, beaucoup de rumeurs néfastes circulait concernant ce groupe Bleu, dont une affirmant que le sélectionneur de l’époque, Marc Lièvremont, n’était pas apprécié par ses hommes du fait de son maigre passé en tant qu’entraineur, lui qui n’avait entrainait qu’en 2è division française, en Pro D2, avant d’être le sélectionneur des Bleus.
Mais peu importe, en ce mois de septembre, Marc Lièvremont et ses joueurs n’ont que faire des mots de la presse, et entame leur compétition le 10 septembre 2011 face au Japon, équipe sur le papier abordable. Cependant, ce match a failli passer entre leur main après que le Japon soit revenu à 4 points en fin de match. Peu importe, face aux Japonais, l’essentiel est là, le XV de France s’impose avec le bonus offensif, 49-21.
Un bonus offensif qu’ils obtiendront également lors du deuxième match face aux Canada. Dans des conditions compliquées faites de vent et de pluie, les Bleus font la différence en fin de match en inscrivant 3 essais en 15min. Cette fois-ci ils n’ont jamais tremblé pendant 80min, mais au vu de l’adversité proposé par la faible équipe Canadienne, c’est le minimum. Jusqu’ici, compliqué de critiquer une équipe victorieuse, mais après le calme de ce début de tournoi, vient la tempête, car après ces deux victoires obligatoires face aux deux équipes les plus faibles du groupe, le XV de France, ne gagnera plus dans cette phase de poule.
Pour commencer cette série de deux revers consécutifs, les Bleus font face au pays hôte qu’ils retrouveront en finale, les Néozélandais. Face à eux, les hommes de Marc Lièvremont commettent beaucoup d’erreurs, et malgré une volonté de résister, la France encaissent le premier essai à la 11è minute, et finiront par s’incliner 37 à 17. Après cette défaite, la presse s’enflamme et ne cesse de critiquer le XV, qui dans un climat de tension s’incline de nouveau lors du dernier match de poule face à la surprenante équipe des Tonga, 19-14.
Qualifié et second de leur groupe derrière les All Blacks, surnom des néozélandais, la France est attendu au tournant lors de son huitième de finale, face à l’Angleterre, rival de toujours qui les avait éliminés de la Coupe du Monde 2003 et 2007, aux portes de la finale.
Cette fois-ci, l’heure est à la revanche donc, et étonnement, les Bleus répondent présent, et ce dès le début de la rencontre. Face au XV de la Rose, l’Equipe de France inscrit 16 de ses 19 en première période, le message était clair, il voulait cette qualification pour les demi-finales. A l’inverse, les Anglais n’inscriront aucun point durant les 40 premières minutes du match. Les Français assureront le coup en 2è période, en n’inscrivant qu’un seul drop à la 73è minute par l’intermédiaire de François Trinh-Duc, futur malheureux du XV de France. Les Anglais ont bien tenté de se rebeller en inscrivant 2 essais, mais c'était peine perdue, score final 12 – 19, la France est en demi-finale de la Coupe du Monde, en éliminant sa bête noire.
Pour prolonger le bonheur et rallier la finale de Coupe de Monde, les Bleus doivent affronter une nation en pleine confiance en 2011, les Pays de Galle, vainqueur de l’Irlande en quart de finale. Ce soir-là, les Bleus vont bénéficier d’un sérieux coup de pouce du destin, qui va les aider à se qualifier en finale de la Coupe du Monde 2011. D’abord à la 18è minute, minute à laquelle les Galles voient leur capitaine Sam Warburton être exclu définitivement à la suite d’un placage dangereux, appelé placage cathédrale. Le second coup de pouce du destin, en plus de la blessure d’Adam Jones pour les Gallois, c’est le manque de réussite de ces derniers face au poteau, avec une pénalité et une transformation d’essai manqué par les Gallois. A l’issu du match, le calcul est simple, si seulement un de ces deux coups de pieds manqué avait été transformé, ce sont les Gallois qui seraient allé en finale. Fort heureusement, les Français ont tenu face à la pression et au courage Galloise, et ce malgré leur infériorité numérique. Les Bleus peuvent remercier Morgan Parra, auteur des 9 points des Bleus de la soirée, qui s’impose 9-8, grâce donc à 3 pénalités, sans inscrire le moindre essai. Peu importe, le XV de France est en finale de la Coupe du Monde de Rugby, et ça, c’est inespéré…
Ainsi, en ce 23 octobre 2011, les Bleus du rugby ont rendez-vous avec l’histoire, celle d’un premier titre de champion du monde, après les finales perdues de 1987 et 1999. Face à eux, les impressionnants Néozélandais. Avant cette finale, personne ne voit la France rivaliser avec une équipe considéré comme la meilleure de tous les temps, qui reçoit la Coupe du Monde, et qui a balayé les Bleus en phase de poule. Peu importe, ce soir-là, les Français vont tout donner, et vont même nous faire espérer. Le match commence avant le coup de sifflet de l’arbitre, quand les Bleus font face au traditionnel hakka, danse intimidante des Néo-zélandais avant chaque match. Pendant celui-ci, les partenaires de Thierry Dusautoir s’avancent face au hakka, et confrontent les All Blacks en formant le V de la victoire.
D’emblée, ils affichent leur ambition. Après ce moment de provocation, ce sont les Bleus qui répondent sur le terrain, avec une entame de match où ils dominent. Cependant, à la 15è minutes, après une belle combinaison sur une touche, le Néo-Zélandais Tony Woodcock inscrit le premier essai de la finale, qui ne sera pas transformé. La Nouvelle-Zélande mène 5 à 0 contre le cours du jeu, et le score n’évoluera plus jusqu’à la mi-temps. Au retour des vestiaires, les efforts des Bleus sont enfin récompensés. A la 47è minute de jeu, Thierry Dusoitoir inscrit le premier et seul essai sous les poteaux. L’essaie, transformé par Trinh-Duc, est inscrit contre le court du jeu. Mais peu importe, la France est à un point de la Nouvelle-Zélande, puisque les Néo-Zélandais ne mènent plus que 8 à 7. Après cet essai, la physionomie du match s’inverse, les Blacks doutent, les Bleus poussent. Mais leurs efforts seront insuffisants face à un corps arbitral qui ne fait que ralentir les Bleus, et ce rarement à juste titre.
Malgré cela, les hommes de Marc Lièvremont ne lâche rien, mais le destin de la Nouvelle-Zélande semble déjà écrit. Pourtant, ce destin aurait pu être différent si François Trinh-Duc n’avait pas manqué la pénalité qui aurait placé les Bleus devant, à la 64è minute de jeu. On aura beau refaire l’histoire, cette pénalité de la victoire est passé à droite des poteaux et15 minutes plus tard, c’est tout un stade qui peut exulter, car leur nation est championne du monde de rugby.
Devant son public, la Nouvelle-Zélande remporte son deuxième titre de championne du monde. La France, elle, attendra, et attend toujours…
Le parcours de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2011, c’est l’histoire d’une équipe passée du chaos à une finale perdue d’un point.




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