L’année où Roland-Garros a surpris le monde du tennis
- Louis Bednareck
- 17 mai
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 mai
Dimanche 7 juin 2015
Roland-Garros – 16è arrondissement de Paris
Il est 15h sur le court Philippe Chartrier, et Novak Djokovic fait face à Stan Wawrinka en finale de Roland-Garros. L’enjeu est clair pour le Serbe, triompher pour la première fois de sa carrière à Paris, et achever enfin sa collection de Grand-Chelem.
Pour Wawrinka, c’est simple il veut remporter son 2è Majeurs, après son sacre 1 an plus tôt, lors de l’US Open 2014.
Avant cette finale épique, personne ne voyait comment Djokovic pouvait passer à côté de ce sacre, encore plus après avoir écarté le maître des lieux, Rafael Nadal, en ¼ de finale…
Personne, sauf un certain Stan Wawrinka, qui est tout, sauf un novice des affrontements contre le serbe.
Et c’est peu dire, car avant Roland-Garros 2015, les deux hommes se sont déjà affrontés 20 fois, mais pour seulement 3 victoires du Suisse…
Peu importe les statistiques, Wawrinka est là pour les faire déjouer, alors il arrive en finale plein d’espoir, après un parcours loin d’être facile, durant lequel il a éliminé son compatriote, un certain Roger Federer, alors n°2 mondial, en ¼ de finale, puis Jo Wilfried Tsonga en ½, le Suisse ne s’est alors pas seulement battu face à la tête de série n°15, mais face à un stade tout entier, acquis à la cause du Français…
Ce parcours, très peu y croyait avant le début du tournoi, car Wawrinka avait loin d’avoir convaincu lors de la préparation sur terre battu, hormis une ½ lors du Masters 1000 de Rome, il s’était même fais éliminé dès les ¼ de finale du tournoi de Genève, 4 jours seulement avant le début du Grand-Chelem parisien…
Très peu y croyait donc, sauf son entraineur Magnus Norman, qui déclarait ceci juste avant le tournoi : "Stan aura constamment des hauts et des bas, mais il pourra toujours gagner des titres majeurs". Des paroles qui 2 semaines plus tard auront une résonnance bien différente…
En plus de cette dynamique loin d’être positive pour le Suisse à l’entame de la quinzaine, se dresse dans le tableau un homme imbattable, presque vainqueur avant de jouer, un certain Novak Djokovic, alors sur une série impressionnante de 22 victoires d’affilés, série qu’il portera à 28 victoires d’affilés au moment d’arrivé en finale. Plein de confiance, le serbe vient pour remporter son premier Roland-Garros, après les 2 échec en finale en 2012 et 2014, à chaque fois contre Nadal…
Pour triompher, le numéro 1 mondial de l’époque a mis toutes les chances de son côté, et à l’inverse de son adversaire en finale, il a réalisé une préparation sur terre battu parfaite, en remportant les 2 masters 1000 de Monte-Carlo puis Rome, en battant le roi de la surface, Rafael Nadal, lors de Monte-Carlo
Ce dernier, il va retrouver en ¼ de finale, pour une finale avant l’heure…
Mais avant ce ¼, Djokovic tient son rang et s’impose à chaque en 3 sets, sans perdre la moindre manche donc…
Le mercredi 3 juin 2015, Nadal et Djokovic pénètre sur le court Philippe Chartrier, pour une finale avant l’heure… Tout le monde s’attend à un combat, une victoire serrée pour l’un des deux, il n’en n’est rien, Djokovic écrase une fois de plus la concurrence, et s’impose 7/5 6/3 6/1 contre l’Espagnol, qui avait en 2015, déjà remporté 8 fois Roland Garros. Djokovic vient donc d’éliminer celui qui l’a toujours bloqué vers la victoire finale à Paris, son sacre semble être une évidence, plus personne ne peut l’empêcher de rêver au triomphe, encore moins Andy Murray, tête de série n°3, qu’il éliminera en 5 sets le tour suivant en ½ finale.
Le voilà en finale, face au surprenant mais convaincant Stan Wawrinka. Les deux hommes se sont déjà affrontés lors du dernier Grand-Chelem, en demi-finale de l’Open d’Australie, confrontation que Djokovic avait remporté après 5 sets.
Mais en ce dimanche 7 juin 2015, quelque chose de différent va se passer…
Wawrinka va jouer le tennis de sa vie, c’est lui-même qui le dira après le match « Je pense que j’ai fait un match incroyable aujourd’hui », c’est sûr même…
Nerveux à l’entame du match, Wawrinka ne s’inquiète pas malgré la perte du premier set, il le savait, il avait prévenu : « Je sais que la nervosité va me gagner dimanche, quelques minutes avant d'entrer sur le court… »
Lui le savait, il devait bien être le seul, car après la perte de cette première manche, comment pouvait-on imaginer Djokovic, ultime favori avant la finale, être renversé par le Suisse, d’autant plus que dernier ne l’a battu que 3 fois en 20 confrontations…
C’est justement cette quête de l’impossible qui va plonger Wawrinka dans un autre monde, dans le « God Mode » de Stanimal comme aime le dire les spécialistes, et plonger cette finale dans l’Histoire, avec un grand un grand H.
Après la perte du premier set 6/4, s’engage un combat fait d’échanges long, très longs, et majoritairement remporté par le Suisse, ce qui agace au plus haut point Novak Djokovic, qui va jusqu’à briser sa raquette à la perte du 2nd set.
La confiance a changé de camps, la domination avec, et c’est Wawrinka qui remporte la 3è manche, il mène désormais 2 sets à 1, et il a une manche de l’exploit. Mais en face, c’est un champion d’exception qu’il l’oppose, et Djokovic ne rend pas les armes facilement, alors il continue de se battre et mène 3-0 à l’entame de la 4è manche. Tout le monde pense alors que cette finale prend le chemin d’un 5è sets, mais c’est sans savoir la combativité dont est doté Wawrinka ce jour-là. Car après avoir remonté ce retard de 3 jeux pour recoller à 3 partout, le Suisse doit désormais sauver 3 balles de break à 4/3 contre lui, juste après avoir manqué l’opportunité de breaker Djokovic à 3/3, puisque le Suisse à eu 2 balles de break sur le service du Serbe et a ainsi eu l’opportunité de mener 4/3. Malheureusement, c’est donc Djokovic qui a désormais l’occasion de mener 5/3. Mais encore une fois, Wawrinka dit non, et ce jour-là, quand c’est non, c’est non, et il efface ces 3 balles de break contre lui, et recolle à 4/4, service à suivre Djokovic.
Celui qui gagne ce jeu aura l’occasion le jeu suivant de remporter le set, et donc le match, et donc le tournoi pour Wawrinka…
Conscient de l’occasion unique qu’il l’a, et surtout de sa domination, Wawrinka ne se fait pas prier, et prend le jeu de service du Serbe. 5/4 Wawrinka, service à suivre, mais d’abord changement de côté, histoire de calmer l’euphorie. Il est à un jeu de remporter Roland-Garros…
Encore une fois, Djokovic ne renonce pas et mène 30-15 sur le service du Suisse, avant qu’il ne revienne et ne mène 40-30, balle de match à suivre. La première.
Ce ne sera pas la bonne. A Djokovic désormais d’avoir une balle de 5/5. Ce ne sera pas maintenant non plus. La 2è, elle, sera la bonne, à 18h23, sur un revers long de ligne, Wawrinka parachève son triomphe et remporte son 2è Grand-Chelem, le premier ici à Paris.
Il remportera ensuite un 3è Majeur, à l’US Open cette fois-ci, en 2016, encore contre Djokovic en finale, encore en perdant la première manche, encore en 4 sets… comme un air de déjà vu…
Djokovic lui se mordra les doigts de cette finale, puisqu’il finira l’année 2015 en ayant remporté tout les Grand-Chelem, sauf Roland-Garros, il aurait donc pu faire le Grand-Chelem calendaires, c’est-à-dire remporter tous les Majeurs la même année, malheureusement pour lui, Wawrinka, son revers à une main et son short à carreau style pyjama en ont décidé autrement…
Cette finale de Roland-Garros 2015, c’est l’histoire… d’un destin annoncé, que quelqu’un a osé briser.



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