France 98 : Le Soir où Tout a Changé
- Louis Bednareck
- 19 juil.
- 5 min de lecture
En 1990, la France ne participe pas à la Coupe du Monde, la faute à un échec lors des phases qualificatives. 4 ans plus tard, en 1994, bis repetita, les Bleus ne joueront encore pas la plus grande compétition de football international.
1998 est enfin la bonne année : ils sont assurés de participer au mondial, et pour cause, la France est le pays organisateur de la compétition…
Une organisation acquise le 2 juillet 1992 au profit du Maroc…
Maroc que les Bleus affronteront en préparation de ce mondial. Durant cette prépa, les Français battent la Belgique et la Finlande d’un petit but, et s’inclinent aux tirs au but contre le Maroc.
Au terme de cette préparation, rien ne laisse présager une future première étoile sur la tunique Bleus…
Le parcours héroïque Français commence le 12 juin 1998 au Stade Vélodrome, avec un arbitre brésilien, tiens tiens, au commande la partie… Face au Bleus, l’Afrique du Sud.
Emmené par Dugarry et Henry en fin de match, la France tiens son rang et s’impose 3-0, un score que les Bleus n’infligeront pas qu’une fois… Après avoir excellement démarré, il faut désormais enchaîner, et ils le font 6 jours plus tard face à l’Arabie Saoudite, encore avec un cleen sheet, et une victoire 4 à 0. Voilà la France qualifié en 1/8 de finale de sa Coupe du Monde, reste à savoir à quelle place du groupe…
Pour se departager cette première place synonyme d’un 1/8e de finale plus abordable, les Bleus affrontent le Danemark pour le 3e et dernier match de groupe. Un match nul ou une courte défaite suffit aux Français pour s’assurer cette 1e place. Cette fois-ci pas de cleen sheet mais une victoire, encore, cette fois-ci 2 buts à 1. Fait marquant, Zinedine Zidane n’était pas dans le groupe de la confrontation face au Danemark, la faute à un carton rouge reçu lors du précèdent match face à l’Arabie Saoudite...
En 1/8e de finale, Zidane est toujours suspendu, et la France a du mal contre le Paraguay, équipe piège par excellence. A l’époque, les Paraguayens s’était extrait de leur groupe en terminant 2è et en tenant tête au Espagnol lors des phases poules, éliminant par la même occasion la Roja. Il faudra attendre la 114è minute pour voir le but en or, inscrit par Laurent Blanc et synonyme de qualification pour les ¼ de finale. Une qualification logique mais dont les Bleus ont douté pendant le match, comme le raconte Lilian Thuram : ‘‘Plus le match avançait, plus il faisait chaud. Je me disais que c’était un traquenard.’’
La peur est passée. Dans la douleur, la France poursuit sa route et l’adversaire qui les attend et plus que redoutable lui aussi.
En face, l’Italie, finaliste de la dernière Coupe du Monde, et a plus qu’envie de rallier à nouveaux les ½ finale, qu’ils ont atteint lors des 2 dernières éditions.
La tâche sera compliquée donc pour les Français s’ils veulent continuer de faire rêver les Français.
Comme attendu, aucune des deux équipes ne fait la différence dans ce match, et malgré le retour de Zidane côté Français. Le match doit donc se décider lors de l’épreuve des tirs aux buts.
Il est 18h, la France entière s’arrête pour vivre ce moment, qui peut de bonheur, ou de malheur…
Malheureusement, cette séance commence mal puisque Bixente Lizarazu loupe sa tentative. Juste après son loupé, il peut compter sur Barthez pour remettre les équipes à égalité, puisque le portier français repousse le penalty de Demetrio Albertini.
Seul Lizarazu manquera son penalty coté Bleu, puisqu’ensuite Henry et Blanc transformeront la leur.
Sous la pression de ne pas éliminer l’Italie de la Coupe du Monde, Di Biagio tremble et envoie le ballon sur la transversale de Barthez.
Voilà la France en ½ finale de sa Coupe du Monde…
Après la surprise Paraguayenne en 1/8e de finale, les Français doivent désormais faire face à la surprise Croate en ½. Et c’est peu dire, la Croatie a tout simplement éliminé les Champions d’Europe en titre en ¼ de finale, les Allemands.
Cette victoire contre les Allemands n’est pas un coup de chance, la Croatie réitère sa volonté de s’imposer contre la France, et cela nous pose des problèmes dans le jeu. Zidane est transparent, et quand c’est mi-temps, aucun but n’a été inscrit. Tout reste à faire en 2nd période. A la mi-temps, anecdote qui a son importance : Didier Deschamps fera remarquer à Lilian Thuram que son placement est trop bas par rapport au reste de la défense. Il lui demandera ainsi de monter d'un cran.
Et dès la reprise du match, l’analyse de Deschamps se vérifie, malheureusement. Davor Suker, parti dans la profondeur dans le dos de la défense, se présente en 1 contre 1 face à Barthez. Il ne loupe pas sa chance et ouvre le score pour la Croatie. Problème ? Si Lilian Thuram était remonté comme le reste de la défense tricolore, Davor Suker aurait été en position de hors-jeu...
Conscient de son erreur, Thuram se décide enfin à monter d’un cran. Et la minute suivant l’ouverture du score Croate, à la 47è, Thuram se projette sur le front de l’attaque des Bleus, réalise un une deux avec Djorkaeff et égalise 1 but partout. Il se rattrape de son erreur, inscrit son premier but sous le maillot bleu, et remet la France dans le droit chemin vers la finale.
23 minutes plus tard, Lilian Thuram encore lui récupère un ballon perdu et enchaîne avec une frappe enroulée. Sa tentative fait mouche. 2-1 pour la France. Devant mais loin d’être à l’abri, la France se retrouve à 10 contre 11 après l’exclusion de Laurent Blanc. Mais même à 10, le destin Français était écrit, voilà la France en finale de sa propre Coupe du Monde…
Avant la finale, la France doutes. Laurent Blanc est absent et l’attaquant des Bleus Stéphane Guivarc'h n'a toujours pas marqué durant le mondial.
Peu importe les doutes et les interrogations, en ce dimanche 12 juillet, l’équipe de France est en mission pour rapporter au coq bleu sa première étoile.
Alors quand enfin le coup de sifflet est donné au Stade de France, les Bleus prennent d’emblée le contrôle du ballon, ils n’ont aucun temps à perdre. Et c’est peu dire, car à la 27è minute seulement, la Zidane fait exulter tout un stade avec une tête magnifiquement placé. La France mène 1-0, mais ce n’est pas suffisant pour cette équipe, alors juste avant la mi-temps, Zidane remet ça, encore sur corner, et permet aux Bleus de mener 2-0 en rentrant aux vestiaires. L’histoire est en marche.
Au retour des vestiaires, les Brésiliens poussent pour réduire le score, mais Barthez assure, encore et encore. Le seul côté négatif de cette finale côté Français arrivera à la 67è minute, lorsque Marcel. Desailly écopera d’un second carton jaune, synonyme d’exclusion.
Fort heureusement les Brésiliens n’en profiteront pas, et verront même le score s’accroitre dans les dernières minutes, par l’intermédiaire d’Emmanuel Petit, qui bien lancé par Patrick Viera, vient tromper pour une troisième et dernière fois le gardien brésilien. Comme un symbole, ce but d’Emmanuel Petit pour sceller la victoire est le 1000 but de l’histoire de l’équipe de France.
Les Bleus mène 1, et 2 et 3 – 0, le Stade de France peut exulter : l’équipe de France est championne du monde pour la 1è fois de son histoire.
France 98 n'a pas seulement offert une étoile aux Bleus. Elle a uni une nation derrière un même rêve.



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